Le Tank, journal de bord

L’ex­po­si­tion #iro­nème #iro­nèmes est à venir décou­vrir au Tank jus­qu’à mer­cre­di 16 mai.

Toutes les œuvres expo­sées sont dis­po­nibles à l’a­chat. Ren­dez-vous sur notre compte Ins­ta­gram pour les décou­vrir.

Tout l’es­pace de La Source, le rez-de-chaus­sée du Tank, s’é­tait rha­billé pour la soi­rée du 3 mai, consa­crée au ver­nis­sage de l’ex­po “#iro­nème #iro­nèmes” à l’oc­ca­sion de laquelle la confé­rence “L’é­cri­ture et ses envi­ron­ne­ments” a été orga­ni­sée. Sur la rue, un mur d’af­fiches mul­ti­co­lores aux bons relents de rave par­ty des années 90, une vitrine déco­rée d’une colonne d’i­ro­nèmes, et des vitres trans­for­mées en vitraux.
A l’in­té­rieur, trois pan­neaux monu­men­taux repre­nant, sur un fond bleu/vert/rose, des cen­taines d’i­ro­nèmes gla­nés sur l’ar­chive Twit­ter d’É­tienne Can­del. Et dans l’es­pace expo, cinq grandes com­po­si­tions du typo­graphe Julien Gineste, dont une “Tra­ver­sée du désir” aux effets de dégra­dé en trois cou­leurs, joux­taient neuf let­trages d’i­ro­nèmes à la main par le Col­lec­tif Pépite, dont “Crash text” (par Théo Guillard), “Luxi­fer” (par Vivien Gorse) et “Méthode asile” (par Axel André).
Et un t‑shirt de l’ar­mée de l’air enca­dré. L’es­pace de la cui­sine avait quant à lui été inves­ti par Peuple caché, qui s’est char­gé d’of­frir des impres­sions d’i­ro­nèmes en direct, mais aus­si de pré­sen­ter le pre­mier livre Iro­nèmes d’ Étienne Can­del sous la forme d’une boîte de conserve conte­nant un rou­leau de 20 mètres de long.

Soi­rée de ver­nis­sage, le 3 mai a été aus­si un grand moment de réflexion joyeuse sur ce que c’est qu’é­crire aujourd’­hui : la confé­rence “L’E­cri­ture et ses envi­ron­ne­ments” a per­mis, d’a­bord, de se faire une idée de tout ce que recouvre l’é­cri­ture aujourd’­hui : la base de pho­to­gra­phies et le voyage dans le monde de la lettre pro­po­sé par Oli­vier Nineuil (Typo­fac­to) ont per­mis de visi­ter ce que c’est que lire, décou­vrir et inven­ter des lettres ; l’in­ter­ven­tion d’Antho­ny Masure (uni­ver­si­té Tou­louse Jean-Jau­rès) a invi­té les par­ti­ci­pants à obser­ver les logiques indus­trielles du code, la puis­sance des for­mats d’é­cri­ture encap­su­lés dans les pro­grammes, et les lignes de fuite qui laissent entre­voir une liber­té pos­sible des uti­li­sa­teurs. Sa pré­sen­ta­tion est dis­po­nible en ligne ici.

San­dra Cha­ma­ret (-zeug) a ensuite don­né à voir les des­sous de l’é­di­tion, à tra­vers les grandes expé­riences qu’ont repré­sen­té la publi­ca­tion d’Après\Avant (dont le numé­ro 3 pré­sente les pre­miers let­trages d’i­ro­nèmes), la publi­ca­tion du livre Iti­né­raire typo­gra­phique de Xavier Dupré et de Méta­mor­phoses de l’es­per­luette de Jan Tschi­chold. Sa pré­sen­ta­tion est dis­pon­bile au bout de ce lien.

Enfin Étienne Can­del a pro­po­sé une théo­ri­sa­tion de l’ou­tillage d’é­cri­ture et des formes de col­la­bo­ra­tion autour des iro­nèmes, sous le titre de “Pierre — feuille — ciseaux”, inter­ro­geant la façon dont les cadres sociaux (comme le Tank lui-même), les cadres tech­niques logi­ciels (comme Twit­ter ou Mas­to­don) et maté­riels (comme les télé­phones ou les impri­mantes) sont à la fois des contraintes et des oppor­tu­ni­tés à s’ap­pro­prier.

L’en­semble fut pro­lon­gé et arro­sé jus­qu’à une heure avan­cée de la nuit, puis tout le monde se cou­cha avec empres­se­ment pour conti­nuer de rêver un peu.

L’ex­po­si­tion #iro­nème #iro­nèmes se pro­longe jus­qu’au 16 mai, jour de son décro­chage. Toutes les œuvres sont dis­po­nibles à la vente. N’hé­si­tez pas à pas­ser au Tank entre 9h et 19h les décou­vrir !

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À Bas­tille dans le 11e arron­dis­se­ment de Paris, Le Tank est un lieu de ceux qui créent avec la matière numé­rique. Start-up, gra­phistes, déve­lop­peurs, think-tanks, desi­gners, plumes, entre­pre­neurs, cher­cheurs, free­lances… Tous par­tagent au Tank un esprit d’ou­ver­ture et de bien­veillance qu’ils y viennent quo­ti­dien­ne­ment en cowor­king ou de manière plus ponc­tuelle à l’oc­ca­sion d’un évé­ne­ment.